Anton Webern (1883-1945)

Compositeur et chef d'orchestre autrichien né à Vienne en 1883, Anton Webern étudie le piano, le violoncelle et la théorie avec Edwin Komauer et fait ensuite des études de philosophie et de musicologie à l'université de Vienne. En 1906, il y termine sa thèse de doctorat et manifeste son intérêt pour la polyphonie ancienne et ses jeux d'écriture. Il commence à composer, sans doute sous l'influence de Wagner. Sa rencontre avec  Arnold Schoenberg, dont il devient le premier et le plus dévoué disciple, est décisive. Avec son condisciple et ami Alban Berg, il forme le premier cercle des élèves de Schoenberg, et va suivre l'évolution stylistique de son maître, de l'atonalité à la dodécaphonie, ajoutant à chaque fois un degré de radicalité supplémentaire aux inventions théoriques de Schoenberg.
De 1908 à 1914, il est chef d'orchestre à Vienne et en Allemagne. Il compose en 1909, les Six Pièces pour orchestre opus 6, qui sont sa seule oeuvre pour grande formation. En 1913-1914, s'ouvre la période des oeuvres brèves : on peut parler d'expressionnisme de la concision. Entre 1917 et 1921, il compose de nombreux cycles pour voix, renonçant à l'accompagnement pianistique pour le petit ensemble ou la clarinette qu'il affectionne particulièrement. De 1927 à 1938, il est chef d'orchestre à la Radio autrichienne. La montée du nazisme bouleverse sa vie : sa musique fait partie de «l'art dégénéré» ; Schoenberg s'est exilé, Berg meurt en 1935. Des membres de l'«Ecole de Vienne», Webern reste seul dans la ville, perdant ses emplois de musicien. Il meurt, tué par un soldat américain, à la suite d'un tragique méprise, alors qu'il sortait fumer un cigare à l'extérieur, malgré le couvre-feu, à la suite d'un repas chez son gendre.
Son oeuvre sera redécouverte très rapidement par les musiciens de la génération de 1925 : Boulez, Maderna, Nono, Stockhausen, Pousseur... qui fonderont l'Ecole de Darmstadt et le «sérialisme intégral» sur les techniques de composition mise au point par Webern pendant l'entre deux guerres (organisation des différents paramètres du son par la série (et pas seulement sérialisation des hauteurs des notes) ; utilisation de séries dont les différentes sections sont elles-mêmes dérivées par transposition, renversement ou rétrogradation d'une petite cellule initiale de 3 ou 4 notes, etc…). Le pointillisme, et la concision, caractéristiques de l'écriture webernienne, seront également systématiquement imités par les jeunes compositeurs des années 1950, qui ont longtemps tenu Webern pour le plus important des trois viennois.

Oeuvres:

  • 5 pièces pour quatuor op. 5 (1909) + d'infos
  • Cinq canons op. 16 pour voix et clarinettes (1924) + d'infos
  • Mouvement op. posthume (1925) + d'infos
  • Trio à cordes op. 20 (1926-1927) + d'infos
  • Vier Lieder op. 12 (1915-1917) + d'infos

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