Heinz Holliger (*1939)

Né en 1939 à Langenthal, il fait ses premières études musicales aux Conservatoires de Berne et de Bâle avec notamment Sandor Veress pour la composition de 1955 à 1959. Au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, il étudie, de 1962 à 1963, le hautbois avec Emile Cassagnaud et Pierre Pierlot, et le piano avec Yvonne Lefébure. Enfin, il suit les cours de composition de Pierre Boulez à Bâle. Grâce à son premier prix au Concours international de Genève (au titre de hautboïste) en 1959, puis à celui du Concours de Munich deux ans plus tard, sa carrière d'interprète connaît alors un très grand succès. Il devient l'un des représentants les plus célèbres de cet instrument dans le monde entier et suscite autour de lui de nombreuses oeuvres nouvelles pour le hautbois (Berio, Carter, Ligeti, Lutoslawski, etc.). Outre les concerts et l'enseignement (Musikhochschule de Freiburg im Breisgau à partir de 1966), Heinz Holliger est régulièrement invité comme chef d'orchestre.
Compositeur, il exploite les techniques d’émission du son, de maîtrise de la respiration, de production de textures bruiteuses (H, 1968 ; Pneuma, 1970 ; Atembogen, 1975). Il écrit pour tous les genres, de l’instrument seul (Trema pour violon, 1983) au grand orchestre (S’irato, 1993), sans oublier les œuvres vocales (Nicht Ichts nicht Nichts, 2012) et scéniques (opéras Come and go, 1977 ; Schneewittchen, 1998). Il accorde une importance toute particulière à la voix, la poésie et la littérature avec des auteurs tels Samuel Beckett, Paul Celan ou encore Charles Hölderlin, dont le pseudonyme se retrouve dans l’imposant Scardanelli-Zyklus (1975-1991). Compositeur en quête de vérité, il revisite (notamment) l’identité suisse (Puneigä, 2002 ; Induulchen, 2004), le passé (Triple Hoquet, 2002 ; Claude Debussy : Ardeur noire, 2008), repousse toutes les limites instrumentales, sonores et structurelles, et bouscule la forme conventionnelle du concert.
Mélange de rigueur extrême et d'expressivité exacerbée, la musique de Holliger va toujours aux limites de l'expression; hantée par les images de la folie et de la mort, elle est chargée de significations existentielles, nourrie par la présence de figures visionnaires, par le destin des exclus de la société.

Pour en savoir plus :
Heinz Holliger : Textes, entretiens, écrits sur son œuvre,
Philippe Albèra (éd), Genève, Contrechamps, 2007.

Oeuvres:

  • (t)air(e) pour flûte (1978-1983) + d'infos
  • 4 Lieder ohne Worte I pour violon et piano (1983) + d'infos
  • Berceuse matinale pour violon et piano (1987) + d'infos
  • Come and Go pour clarinette, clarinette basse et clarinette contrebasse (1977) + d'infos
  • Cynddaredd-Brenddwyd pour cor solo (2004) + d'infos
  • Das kleine Irgendwas version pour alto (2013) - Création mondiale + d'infos
  • Duo pour violon et violoncelle (1982) + d'infos
  • Elis - 3 Nachtstücke pour piano (1961) + d'infos
  • Felicity's Shake-Wag pour violon et violoncelle (1988) + d'infos
  • H pour quintette à vents (1968) + d'infos
  • Klaus Ur pour basson solo (2001-2002) + d'infos
  • Prélude, Arioso et Passacaglia pour harpe (1987) + d'infos
  • Romancendres pour violoncelle et piano (2003) + d'infos
  • Schlafgewölk pour flûte en sol et cloches japonaises (1984) + d'infos
  • Trema pour violoncelle (1981) + d'infos
  • Turm-Musik pour flûte, petit orchestre et bande magnétique (1984) + d'infos

Concerts SMC Lausanne: