Usuk Chin (*1961)

Matthias Pintscher, Unsuk Chin et Xavier Dayer appartiennent à une même génération de compositeurs apparue dans les années 1980-1990. Tous les trois ont choisi de s'installer à distance de leurs lieux d'origine, en terre étrangère. Unsuk Chin, née en 1961 en Corée du sud, où elle a vécu jusqu'à l'âge de vingt-trois ans, s'est fixée à Berlin à la fin des années 1980. Matthias Pintscher, né en 1971 en Allemagne, vit à New York, tout en assurant la direction artistique de l'Ensemble Intercontemporain à Paris (« Paris est aussi chez moi » dit il). Xavier Dayer, né en 1972 à Genève, ne s'est déplacé que jusqu'à Berne, mais le franchissement de la frontière linguistique à l'intérieur de la Suisse n'est pas un acte anodin, surtout dans ce sens. À cette déterritorialisation physique s'en ajoute une autre, de nature culturelle. Dayer s'est projeté dans l'univers de l'écrivain portugais Fernando Pessoa, auquel plusieurs de ses œuvres sont liées; Pintscher a écrit plusieurs de ses pièces sur des textes en hébreu et s'est attaché à la poésie d'Arthur Rimbaud, auquel il a consacré un opéra; Chin, quant à elle, s'est tournée vers les univers de Lewis Caroll et de Georges Perec (mais aussi de Pessoa). Les trois compositeurs sont allés chercher au-delà de leurs langues et de leurs cultures natives leurs sources d'inspiration. À l'heure où les revendications nationalistes fleurissent un peu partout dans le monde, et où s'opèrent d'inquiétants replis identitaires, ces trois artistes nous donnent l'exemple d'un dialogue fécond entre les cultures, et ils témoignent pour des identités ouvertes et généreuses. Faut-il en déduire que la musique est bien un langage universel ?

Oeuvres:

  • Double mind pour violon et électronique (2006-2007) + d'infos

Concerts SMC Lausanne: