Salvatore Sciarrino (*1947)

Originaire de Sicile, Salvatore Sciarrino étudie les arts visuels avant de se consacrer à la musique. Il se forme essentiellement en autodidacte, directement sur les œuvres des compositeurs anciens et modernes, même s’il bénéficie de contacts importants, en particulier avec Antonio Titone et Turi Belfiore. Sa première création publique a lieu en 1962. Il complète ses études à Rome et à Milan et s’initie à la musique électronique avec Franco Evangelisti, qu’il considère avec Stockhausen comme l’un de ses «pères» artistiques.
Il enseigne ensuite la composition aux conservatoires de Milan, Pérouse et Florence, dirige des masterclasses. Il reçoit de nombreux prix, dont le prix de la Société internationale de musique contemporaine, le Prix Dallapiccola, celui de l’Anno discografico, le Psacaropoulos, le prix Abbiati, le Premio Italia, et à trente ans est nommé directeur artistique du Théâtre Communal de Bologne, fonction qu’il assume de 1978 à 1980.
En 1982, il se retire dans la petite ville d’Ombrie Città di Castello pour se consacrer à la composition, autant que le lui permette son importante activité de pédagogue. Bien qu’affirmant sa filiation avec des avant-gardistes, Stockhausen en particulier, Sciarrino revendique le fait de situer son travail dans une continuité avec l’histoire. Son très important catalogue – sans doute le plus vaste des compositeurs d’aujourd’hui – ne présente pas de rupture mais une évolution vers une nouvelle conception de la musique parfois désignée comme «écologie» de l’écoute et du son. Dès ses débuts, dans les années soixante, on parle d’un «son Sciarrino». Sa musique est intimiste, concentrée et raffinée, construite sur des principes de microvariations de structures sonores constituées de timbres recherchés et de souffle. Il prône un monde sonore transparent, raréfié et proche du silence, ou du «son zéro» qui, pour le compositeur, est déjà musique, un monde fait d’une multitude de sons microscopiques, d’un flot continu de bruits infimes, un monde sonore réduit à l’essentiel. Les titres de ses œuvres sont éloquents: Esplorazione del bianco (1986), Cantare con silenzio (1999). Le compositeur organise ses œuvres comme on trace les lignes d’un dessin, utilise des techniques d’estompage du son, de fusion des couleurs, de jeux de lumière dans le modelage du timbre: un univers proche des arts plastiques dont Morte di Borromini (1988), Omaggio a Burri (1995) font l’éloge. (Avec l'aimable autorisation de l'Ircam - © Ircam – Centre Pompidou - http://brahms.ircam.fr)

Oeuvres:

  • Capriccios no 2, 4 et 5 - extrait de Sei Capricci pour violon solo (1976) + d'infos
  • Il silenzio degli oracoli pour quintette à vents (1975) + d'infos
  • Oeuvre + d'infos
  • Omaggio a Burri pour 3 instruments (1995) + d'infos
  • Quintetto no 2 (1977) + d'infos

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