Hugo Distler (1908-1942)

Il étudie le piano au conservatoire de Leipzig, puis sur les conseils d'un professeur, la composition et l'orgue. Il devient organiste et cantor (maître de chapelle) de l'église Saint-Jacques (Jakobikirche) à Lübeck (1931-1937). C'est à Lübeck qu'il rencontre sa future épouse, Waltraut Thienhaus (1911-1998).

De 1937 à 1940, il enseigne la composition et l'orgue à la Musikhochschule (École supérieure de musique) de Stuttgart, puis à l'école de musique sacrée de Spandau (Berlin). Il y dirige également le chœur et la maîtrise.

Profondément chrétien, il refuse de collaborer avec les nazis. Objecteur de conscience et donc en danger de mort, harcelé par des menaces de plus en plus pressantes de mobilisation, également isolé et déprimé par la mort de ses amis sur le front, par les bombardements aériens et les difficultés de travailler, il se suicide le 1er novembre 1942 en s'asphyxiant au gaz. Au soir du 30 octobre, veille de sa mort, il avait appris que, dès le 2 novembre, il allait une nouvelle fois recevoir un avis d'ajournement mais qu'un sixième ordre de mobilisation lui parviendrait dès le 3 novembre. Rappelant que, dans l'Allemagne nazie, l'objection de conscience était punie de mort, le Site officiel Hugo Distler1 donne les précisions suivantes (voir dans ce site la rubrique : Dietrich Bonhoeffer über Hugo Distler, le célèbre théologien et résistant allemand ayant rédigé des lettres de captivité publiées initialement en 1951, 6 ans après sa pendaison par le régime nazi) :

« L'ordre de mobilisation du 14 octobre 1942 vint du commandement militaire d'Eberswalde. La réponse officielle à sa demande (c'est-à-dire un nouvel ajournement du service militaire) arriva le 2 novembre, chez lui, dans son appartement de fonction, Bauhofstrasse à Berlin. Le soir qui précéda son suicide Hugo Distler avait eu connaissance de cet ajournement, mais quelques jours avant il avait été informé par les autorités d'Eberswalde qu'en cas de nouvelle demande de sa part, il aurait à compter, dès le 3 novembre, avec un nouvel ordre de mobilisation » (« Der Gestellungsbefehl vom 14. Oktober 1942 kam aus der Militärkommandantur in Eberswalde. Die amtliche Mitteilung über die Reklamation, das heisst nochmalige Zurückstellung vom Militärdienst, traf am 2. November in seiner Dienstwohnung in der Berliner Bauhofstraße ein. Noch am Abend vor seinem Freitod hatte Hugo Distler von dieser Rückstellung erfahren, war aber schon Tage vorher vom zuständigen Oberst in Eberswalde darüber informiert worden, daß er - im Falle einer nochmaligen Reklamation - schon am 3. November mit einem erneuten Gestellungsbefehl zu rechnen habe »)2.

Peu avant sa mort, à travers la citation d'un texte célèbre du poète romantique allemand Novalis (datant de 1799), il avait affirmé son unique confiance dans le Christ et le christianisme pour que l'Europe se réveille enfin des bains de sang et de la folie, et que les droits des peuples soient pleinement assurés :

« Le sang coulera sur l'Europe jusqu'à ce que les nations se rendent compte de leur épouvantable folie qui les entraîne dans son errance infinie, et jusqu'à ce qu'elles soient touchées profondément par une musique sainte, puis, pacifiées, qu'elles aillent vers les anciens autels dans un mélange multicolore en entreprenant des œuvres paisibles, et qu'elles célèbrent avec des larmes brûlantes une grande fête de la paix sur les lieux de batailles fumants. Seule la religion peut réveiller l'Europe et assurer le droit des peuples, et la chrétienté, dans une nouvelle splendeur, reprendre de manière visible, sur terre, son ancienne fonction créatrice de paix. »3.

La croix érigée sur sa tombe, au cimetière de Stahnsdorf, porte la référence d'un passage de l'Évangile de Saint Jean (16,33) : « Dies habe ich zu euch gesagt, damit ihr in mir Frieden habt. In der Welt seid ihr in Bedrängnis ; aber habt Mut : Ich habe die Welt besiegt » (« Je vous ai dit cela, afin qu'en moi vous ayez la paix. Dans le monde vous êtes dans les agressions et l'urgence4. Mais ayez courage : j'ai vaincu le monde »).

Oeuvres:

  • Quatre pièces pour clavecin (1938) + d'infos