Cher Public,
 
La SMC Lausanne a soixante berges. Elle en a vu des paires d’oreilles. Éclairées souvent, illuminées parfois, flâneuses par nature, oisives plutôt peu, rôdeuses assidues, traînardes toujours. Toutes sont témoins de sons rares ou inconnus. Arpenteurs avides d’espaces sonores sans cesse renouvelés : la SMC Lausanne, c’est vous !
 
La saison passée fut remarquable. Ses horizons débordaient largement notre vieille Europe. On ne peut plus actuelle, cette musique s’écrit partout, tout le temps et se joue tout autant. Rarement vous avez été si nombreux à venir l’écouter. Cette année, la SMC Lausanne dérive vers des latitudes plus intérieures. Fidèle à elle-même, elle continuera de vous faire rencontrer de grands artistes tels que Pierre Bleuse, Bruno Mantovani et Cédric Pescia; de jeunes solistes habitués de la maison comme Julien Mégroz ou Karolina Öhman mais aussi les étudiants de l’Ensemble Contemporain de l’HEMU. Côté compositeurs, nous aurons l’occasion de rendre hommage à Pierre Boulez qui nous a quittés l’an dernier. Vous aurez également droit à de l’inentendu : pas moins de six créations mondiales fraîchement livrées par des créateurs tels que Nicolas Bolens, Adriano Guarnieri ou encore Dragos Tara pour n’en citer que quelques-uns. Entre leurs notes, vous entendrez peut-être sourdre l’inlassable questionnement : qu’est-ce qu’un concert ? Qu’est-ce qu’un interprète ? Et vous public dans tout ça ? Il y aura du vent, de l’électronique, des corps de musiciens - certains à vue, d’autres cachés ou même absents -. Le concert est un jeu de pesanteur.
 
Nous vous faisons confiance pour être témoins de ce qui se trame. Scènes, haut-parleurs, interprètes, ordinateurs, instruments, câbles et autres tourneurs de pages, jusqu’au billet d’entrée froissé dans une poche lorsque vous rentrez chez vous. Tout un écosystème à écouter.
 
Luc Birraux
Musicien, dramaturge