Danse aveugle

pour flûte, clarinette, piano, violon et violoncelle
1997, Hanspeter Kyburz

Il s'agit d'une composition que l'on pourrait décrire approximativement comme ayant une forme en arche. En effet, elle est constituée d'une augmentation progressive d'éléments qui sont poussés à l'extrême jusqu'à leur effondrement qui s'annonce d'abord par des arrêts et des vides isolés. Cette forme en arc de cercle est le fruit d'un processus de composition complexe. Kyburz utilise les algorithmes et les fractales, comme il le fait régulièrement dans ses œuvres. L'ordinateur lui offre non seulement des propositions de formules compositionnelles exactes mais en plus, il lui permet de réaliser des tests et des prototypes qu’il réinjecte ou non dans l’écriture.
Cette conception engendre l'application de certaines règles qui s’écartent de l’utilisation traditionnelle des motifs et des thèmes. La forme globale peut, du fait de cette conception nouvelle, être produite à partir d'éléments isolés. En suivant ce cheminement, il est possible de « jouer » sur le passage d'éléments d’abord entendus en arrière-plan au premier plan et inversement. La conception algorithmique et fractale de Kyburz produit une structure arborescente où la relation entre la macro - et la microstructure se dévoile clairement.
Chaque passage d'éléments se caractérise par un timbre propre, ce qui éclaircit la forme, alors que l'oscillation entre les deux plans entraîne une désorientation suggestive et des changements incessants de perspective. On peut comparer la situation musicale qui ressort de ces passages transformés entre l'avant - et l'arrière - plan aux effets du mouvement rapide d'une caméra ; d’où le titre de l’œuvre.
(Avec l'aimable autorisation de l'Ircam - © Ircam – Centre Pompidou, 2007 - http://brahms.ircam.fr)

Concert SMC Lausanne:

  • Lundi 24 septembre 2007 (Saison 2007-2008)
    Ensemble Contrechamps + lire
    Oeuvres de Giacinto Scelsi, Elliott Carter, William Blank, Michael Jarrell et Hanspeter Kyburz