Flamen

pour quintette à vent
1994, Ivan Fedele

Même dans la petite dimension du quintette à vent, Fedele ne renonce pas au son compris comme représentation de l'espace. Flamen (« souffle » en latin) place les cinq instruments assez loin l'un de l'autre et sur différents plans réhaussés. Il se forme ainsi un arc de cercle sur lequel la flûte, le hautbois, le cor (situé au centre, au point le plus intérieur et le plus rehaussé), le basson et la clarinette sont disposés dans un ordre précis, de droite à gauche. Comme c'était déjà le cas dans Richiamo, cette géométrie des sources sonores ne vise pas à produire simplement des effets de résonance et de réverbération. Elle est en effet étudiée afin que les figures, à travers lesquelles s'articule la composition, décrivent différents parcours dans l'espace, selon des principes d'attraction, de symétrie et de stratification qui règlent l'interaction entre les cinq instruments. Ces figures ne sont pas des dessins mélodiques ou thématiques, mais plutôt des arabesques filamenteuses qui proviennent du répertoire historique des ornementations et qui désignent un espace sonore et physique changeant et insaisissable. Toute la première partie de la composition se déploie selon ce principe, d'une façon très pointilleuse et avec une virtuosité tourbillonnante. La deuxième, qui débute par une longue note tenue du cor, présente divers segments caractérisés par des matériaux de départ plus calmes et méditatifs. Ils sont d'abord timidement menacés par la réapparition des figures initiales en transformations continues et frénétiques, et ensuite agressés plus explicitement, jusqu'à en être écrasés. (© Claudio Proietti, Ircam - Centre Pompidou, http://brahms.ircam.fr)

Concert SMC Lausanne: