Per Nome

pour six de voix de femmes et piano
2010, Alessandro Magini

Per nome (Pour nom) est tiré de la poésie de Mario Luzi La sera non é più la tua conzone (le soir n’est plus ta chanson).
Il s'agit d'un texte - écrit par le poète à l'âge de 31 ans - dans lequel l’immédiateté d'un langage plus symbolique qu’hermétique, se révèle à travers une structure qui, tout en reflétant les formes anciennes de la tradition poétique italienne, n'étouffe pas la nécessité d'une langue en métamorphose perpétuelle et à la recherche de nouvelles expériences expressives. Cet équilibre entre la conscience du passé et le désir d’une évolution m'a incité à traduire en partition le poème de Luzi, qui trouve son propre centre dans l’hendécasyllabe “per nome hai una parola che è passata” (“tu as pour nom une parole qui est passée”). La “parole”, ici comme dans de nombreuses compositions de Luzi, n’est pas seulement un “objet communicatif”, mais aussi un mystérieux sujet de réflexion, entité vivante de sa propre vie, inquiétante et exaltante métaphore sonore de la pensée. Une “parole” que j’utilise dans sa totalité, dans l'intégrité de sa concaténation entre les espaces incertains de la signification. Je n’ai pas fait de coupures, je n'ai pas travaillé sur des extraits ou sur des fragments de mots, mais j'ai laissé inaltérée la structure originale du poème - qui est également devenu le modèle formel de la partition - pour amplifier sa valeur sémantique. La “parole” - même dans l'ambiguïté de sa signification la plus intime - n'est jamais traitée comme matériel phonétique pur. La logique du discours poétique engendre la logique harmonique-formelle et la polyphonie est conçue comme une stratégie dramaturgique qui développe la dynamique entre le domaine rationnel et l’impulsion émotionnelle. Le caractère du son du piano devient “méta-logos” et en même temps “une scénographie" dans laquelle “l'autre parole”, récitée et chantée, se déplace. (Alessandro Magini)

Concert SMC Lausanne: