Durissimo silenzio

pour six de voix de femmes et piano
2010, Alessandro Solbiati

Je pense que le sous-titre de "madrigal" que j'ai donné à Durissimo silenzio est très indicatif de mon attitude pour une relation très serrée entre texte et musique, une relation non littérale et didascalique, mais suggestive d'images sonores et de figures musicales.
La superbe poésie de Mario Luzi que j'ai choisie est assez philosophique, mais sa suggestion musicale est très forte. Elle est divisée en deux parties : la première très dure parle d'un silence, d'une séparation irrévocable entre le Ciel et la Terre, entre Dieu et les hommes, la deuxième demande à "l'âme du monde" de ne jamais pleurer, avec la lumière d'un lointain espoir.
Ma musique est encore plus évidemment divisée en deux parties : à la sèche sévérité de la première partie, avec les clusters microtonales des voix et les accord détachés du piano, j'oppose la douceur évocatrice et un peu danseuse de la deuxième : les deux couleurs possibles de la dramatique relation entre le Ciel et la Terre. (Alessandro Solbiati)

Concert SMC Lausanne: