Auf die ruhige Nacht-Zeit

pour soprano, flûte, alto et violoncelle
1958, Klaus Huber

Écrite en 1958, cette œuvre pour soprano, flûte, alto et violoncelle fait partie d’une trilogie de trois cantates pour des effectifs réduits composées à partir de textes sur des textes d’inspiration mystique renvoyant au Moyen Âge : Antiphonisches Kantate (1956) et Des Engels Anredung an die Seele (1957) sont les deux cantates qui précèdent Auf die ruhige Nachtzeit. Cette dernière œuvre s’appuie sur un texte de Catharina Regina von Greiffenberg (1633-1694). À l’époque, Huber se consacre à la lecture des textes mystiques, qui constituent pour lui un refuge face à un monde qu’il qualifie de « mauvais » : « je lisais beaucoup les grands mystiques comme Jean de la Croix, Hildegard von Bingen, Jakob Böhme, Mechtild von Magdebourg, mais aussi des textes plus directement confrontés à la politique comme ceux de Simone Weil par exemple ».
Il cherche dans ces textes et en conséquence dans ses cantates une expression purement intérieure, faite de beauté et d’harmonie, dans une sorte d’immobilité ou de suspension du temps qui s’apparente à une forme de méditation en musique. Ainsi Auf die ruhige Nachtzeit présente une structure parfaitement symétrique en sept parties, dont le centre est symboliquement un Herzstück. Les intervalles consonants sont privilégiés, dans une intonation qui doit être naturelle (c’est-à-dire non tempérée) et dans une nuance presque uniment douce. Cette calme méditation sur la nuit, typique de sa première période, fut composée par Huber dans un monastère sur les bords du Rhin en août 1958.

Concert SMC Lausanne: