Assonance V

pour violoncelle et ensemble
1990, Michael Jarrell

La partition porte en exergue : "...lorsque mon désespoir me dit : perds confiance, car chaque jour n'est qu'une trêve entre deux nuits, la fausse consolation me crie : espère, car chaque nuit n'est qu'une trêve entre deux jours...". (Stig Dagerman, Notre besoin de consolation est impossible à rassasier)

"Je retrouvais par la juxtaposition immédiate de ces fragments de Stig Dagerman une sorte de Simultankontrast littéraire, tant à un niveau calligraphique qu'à un niveau sémantique", dit Jarrell.
Le Simultankontrast est une théorie sur la perméabilité des couleurs mise au point par Johannes Pawlik. Elle définit ici les enjeux de cette oeuvre où distance, horizon, mémoire, éclairage et perspective orientent notre perception d'une note "centrale", le sol, sur laquelle débute, pianissimo, le violoncelle.
L'écriture musicale (volontiers verticale, comme en témoigne la lente constitution de la texture initiale) renouvelle celle du concerto et veut confier à la figure, au motif, à la mélodie, une fonction thématique et structurelle. Le travail des intervalles, dérivé des mécanismes sériels, les superpositions complexes de métriques et de subdivisions rythmiques ainsi que la spatialisation à travers quatre groupes instrumentaux distincts,  acquièrent ainsi leur valeur structurelle. Ils modifient la perception du violoncelle qui n'est que par deux fois réellement "soliste"  et qui n'émerge souvent du tutti que dans le brusque silence des instruments qui l'accompagnent ou le prolongent.
La juxtaposition et la conjugaison de ces techniques d'écriture tendent alors à un perpétuel déplacement, à un perpétuel entre-deux. (D'après Laurent Feneyrou)

Concert SMC Lausanne: