Territoires de l'oubli

1978, Tristan Murail

En réaction contre une écriture percussive du piano courante à l´époque, Territoires de l´oubli renoue avec une certaine conception “lisztienne » de la virtuosité.
Le piano y est considéré avant tout comme un ensemble de cordes résonantes – la percussion des marteaux n´est que l´indispensable inconvénient qui permet de les mettre en vibration, directement ou par sympathie.
Les sons vibrent jusqu´à extinction naturelle, car la pédale est enfoncée pendant toute la pièce, sans jamais être relevée. Leur résonance décrit des territoires successifs, délimités par l´oubli des fréquences qui s´éteignent.
Le piano est aussi traité comme une sorte d´orchestre virtuel, démultiplié par des chambres d´écho imaginaires. Les phénomènes et processus sonores continus, possibles à l´orchestre mais non au piano, sont symbolisés par des systèmes de répétitions, des figures de virtuosité, des jeux de nuances superposées.
Le timbre et l´harmonie sont en relation étroite: les hauteurs sont souvent choisies en fonction des résonances naturelles du piano, qu´elles renforcent ou contrarient selon le sens de l´évolution (vers plus de simplicité ou vers plus de complexité).
En plus de difficultés pianistiques de caractère traditionnel, l´interprète doit contrôler sur de longues périodes la lente évolution de couches sonores qui se tuilent ou se superposent. (Tristan Murail)

Concert SMC Lausanne:

  • Lundi 28 septembre 2015 (Saison 2015-2016)
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