Song Cycle - Convulsions of Time

pour soprano, accordéon, contrebasse et électronique
2015 - Création suisse, Natalia Dominguez Rangel

Sur un texte de Tania Theodorou.

Pour sa récente composition Song Cycle – Convulsions of Time, Natalia Domínguez Rangel s’est inspirée des Métamorphoses du poète classique Ovide. «C’est un recueil d’histoires et de mythes dont les personnages subissent certaines transformations», dit-elle. «Il n’y a pas d’intrigue générale cependant. Et il n’y a pas de morale, non plus. C’est ce qui me plaît. La notion de changement est si intimement liée au temps, à l’écoulement du temps. Je me sens attirée par les transformations qui s’opèrent à un rythme extrêmement lent et par les compressions de longue durée. Ce ne sont pas seulement le départ ou le résultat final qui m’intéressent, mais le processus du changement lui-même.»
De même que dans le livre d’Ovide, Song Cycle consiste en différents éléments de longueur variable. Natalia Domínguez Rangel a écrit ce morceau pour soprano, contrebasse, thérémine, accordéon et électronique. «Un fameux défi», soupire-t-elle. «Pas uniquement parce qu’il dure près d’une heure, mais aussi en raison des buts que je m’étais fixés à moi-même. Je ne voulais surtout pas que la voix de Charlotte et l’électronique se heurtent. Je ne voulais pas que le caractère des différentes sources sonores diffère trop. L’accordéon a une signification particulière parce qu’il possède une qualité duelle. Il ressemble à un orgue, mais son timbre est assez proche des sons électroniques. Chaque instrument peut être échantillonné puis ajouté au complexe des sons, le résultat étant une grande variété de combinaisons et d’hybrides. Le thérémine fait fonction de passerelle entre les phases consécutives.»
Les textes de ce cycle de chansons ont été écrits par Tania Theodorou. Elle évoque le monde mythologique des Métamorphoses, figurant des protagonistes profondément unis aux instants de transition entre la nuit et le jour. «Le texte de Tania consiste en un enchevêtrement d’associations jetées les unes sur les autres en une vertigineuse cascade de sens», dit Natalia Domínguez Rangel. «De même que le crépuscule de son texte, la musique suit la piste d’une lente modification, condensation. Je n’ai utilisé qu’un choix de fragments et de phrases. Je ne voulais pas étouffer la musique par les mots.»
Selon Natalia Domínguez Rangel, il n’y a aucun lien entre le Song Cycle de 2010 et cette dernière composition. La seule similitude est la prestation de la soprano Charlotte Riedijk dans les deux pièces. «J’ai écrit la musique tout exprès pour sa voix. Elle possède ce sens incroyable de la nuance dans son timbre. Sa voix a une qualité de douceur exceptionnelle, mais elle parvient à emplir l’espace avec une remarquable facilité. Quand elle chante cet ensemble complexe, ce chapelet de notes aigues étincellent comme des étoiles contre l’infini de satin noir.»
(René van Peer, août 2015 - traduction Marielle Larré)

 

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