Palabras deshabitadas

pour soprano et contrebasse
2016, Alberto Posadas

Commande de Cumulus pour le Festival Format Raisins (France).

Alberto Posadas débute ses études musicales dans sa ville natale de Valladolid. À la fin des années quatre-vingt, il étudie avec Francisco Guerrero qui l’initie à une approche mathématique de la composition. Un art-science pourrait-on dire ; une vision avant tout esthétique des mathématiques qui ne se cantonnent pas à instaurer une structure. Tardivement, il s’en prend à la vocalité. Palabras deshabitadas est un texte de sa production.

Palabras deshabitadas.
Espejo de húmedos silencios
que llagan la marea
de la memoria.

Sombrío letargo de gritos lacerados
que braman en la bruma
de ecos congelados.

Palabras huídas de la piedra desnuda
que calla porque no sangra,
solloza porque se abrasa
y grita en la gruta
de su mirada.

Palabras deshabitadas.
Silencios abisales
devienen eterna transparencia
Alberto Posadas 
   
Sentences évidées.
Miroir de silences humides
Tourmente le ressac
Mémoriel.

Sombres, léthargiques : cris lacérant
Hurlés dans un brouillard
D’échos surgelés.

Sentences fuyantes d’une roche vierge,
Qui saigne et se tait,
Qui en brulant, pleure,
Gueulant du fond
De son regard.

Sentences évidées,
Des abysses du silence
Surgi une translucide perpétuité.

Traduction : Luc Birraux


Tout comme la mémoire des compagnons d’Ulysse le sens des mots s’est fait la malle ; ou du moins ce qu’ils évoquent à notre conscience collective. Dommage et déjà-vu croyez-vous ? A bien y penser : qu’est-ce qu’un mot vidé de sa sémantique ? Une torture muette en forme d’écorce ? Les sons d’un discours porté disparu, ou peut-être l’ombre d’une musique qui ne se pense pas. Écoutez plutôt.

Concert SMC Lausanne: