La femme 100 têtes

pour soprano et contrebasse
2016, Vito Žuraj

Salomé est certainement l’un des personnages de la mythologie chrétienne qui a le plus fasciné le monde de l’art. Wilde et Strauss pour l’opéra bien sûr, mais aussi Flaubert et Mallarmé pour les mots ou encore Edward Munch et Franz von Stuck côté toiles.
Pour la pièce de Vito Žuraj, le dramaturge et librettiste Patrick Hahn imagine une scène entre Salomé et la tête de Jean-Baptiste, librement inspirée de l’œuvre surréaliste La femme 100 têtes, le « roman collage » de Max Ernst publié en 1929. La voix et la contrebasse incarnent leur personnage respectif. L’une « La voix du corps » et l’autre « le corps chantant ». La voix contre la basse. La voix condamnée par son propre pouvoir d’attraction : un érotisme totalitaire qui lui fait entrevoir l’orgasme hors du temps. La jouissance éternelle que seule la mort peut offrir.

La femme 100 têtes

[Es ist kein Laut zu vernehmen.]

Küssen will ich die Lippen
in alle Ewigkeit, die sagen
berühren werden wir uns nie.

Schauen will ich in die Augen
in alle Ewigkeit, die nie mehr sich öffnen.

Geliebt habe ich sie,
die Spritzer deines Lächelns,
die Lacken deiner Augen.

Hier bin ich und
dort ist mein Körper.

Ein Rauschen von riesigen Schwingen.

[Man hört etwas fallen.]

In ihrer elfenhaften Grotte schmolz sie dahin
und seufzte
vom tanzen müde.


Patrick Hahn

Concert SMC Lausanne: