Jelek op. 5

1961-1979, György Kurtág

Le jeune György Kurtág étudie tout d’abord à l’Académie Liszt de Budapest. Un lieu d’où naîtra une amitié indéfectible avec un certain György Ligeti. Dans les années 1950, il passe deux années à Paris qui sont d’une importance capitale. Il étudie alors avec Darius Milhaud et Olivier Messiaen. C’est durant cette même période qu’il se plonge dans une psychanalyse avec Marianne Stein qui l’aidera à surpasser la crise créative qui le hante alors. L’idée d’une analyse rétrospective de l’âme et de ses passions est d’ailleurs fortement liée à l’idée de l’aphorisme – qu’il soit musical ou non. La microforme exige une clairvoyance sans précédent car elle se façonne dans l’intelligence du cœur. Toutefois, pour l’interprète c’est autre chose, le travail et la démarche sont différents. Il suffit pour cela d’avoir assisté à l’une des master classes du maître hongrois – qui, au demeurant, est un professeur de musique de chambre hors pair. Il sait que sa musique met en crise le geste instrumental. Celui-ci demeure impossible s’il n’est pas joué, intimement : « Ce qui importe c’est la relation entre les notes, ce qui existe entre elles » dit-il.
Mise de côté puis entièrement revue en 1992, Jelek se compose de six mouvements (1. Agitato, 2. Giusto, 3. Lento 4. Vivo, feroce, 5. Adagio, 6. Con slancio, risoluto.). De ces petites formes strictes, un peu à la Webern, émerge la densité de l’expression et naît l’aphorisme. Instantané d’une émotion, polaroïd d’une pensée qui, une nouvelle fois, vit dans la fulgurance et la joie du jeu clairvoyant de Geneviève Strosser.
 

Concert SMC Lausanne: