Le Traquet stapazin

1956-1958, Olivier Messiaen

Olivier Messiaen a étudié le chant des oiseaux tout comme la métrique grecque, les neumes du plain-chant ou encore les décî-talas de l’Inde antique. Il suit le chemin du rythme prosodique et maîtrise le temps du langage qui nécessite une virtuosité de la notation dont il est l’un des grands maîtres. La couleur est également au centre de cette sensibilité kinesthésique qui cohabite chez lui avec une profonde foi catholique. Il dit d’ailleurs que « la musique est un perpétuel dialogue entre l'espace et le temps, entre le son et la couleur, dialogue qui aboutit à une unification : le temps est un espace, le son est une couleur, l'espace est un complexe de temps superposés, les complexes de sons existent simultanément comme complexes de couleurs. Le musicien qui pense, voit, entend, parle au moyen de ces notions fondamentales, peut dans une certaine mesure s'approcher de l'au-delà ».
Le premier de ces volatiles est le Le Traquet stapazin. « Un peu plus svelte que le traquet motteux, avec une queue légèrement plus longue, ce traquet affiche un croupion dont le blanc s'étend un peu plus haut sur le dos, ce qui renforce l'impression de longue queue en vol. La barre noire terminale de la queue est moins large que chez le traquet motteux, s'interrompant au niveau des rectrices internes. Ses cris les plus courants sont un "tzac-tzac" ou un "tchrrek-tchrrek", différent en qualité du "tchak" dur du traquet motteux. Le chant, varié, musical et légèrement grinçant comporte de nombreuses imitations. Il est émis à partir d'un perchoir ou au cours du vol nuptial. » (Luc Birraux)

Concert SMC Lausanne: