Déserts

pour ensemble et interpolations électroniques
1950-1961, Edgard Varèse

À partir de 1934, Varèse entre dans une période de silence : il n'écrira plus pour l'orchestre avant Déserts en 1954, date à laquelle il revint à Paris qui l'avait oublié. L'œuvre fait le mélange de sons instrumentaux et de «sons organisés» sur bande magnétique. La création eut lieu le 2 décembre à Paris. C'était la première fois qu'une œuvre orchestrale utilisait aussi une bande magnétique, la surprise fut considérable. À l'occasion de ce concert, la radio française réalisa également la première diffusion radiophonique en direct et en stéréophonie. Mais ce n'est pas Déserts qu'on retransmit sur les ondes, ce fut un tumulte si retentissant que le Président du Conseil, Pierre Mendès France, en fut alerté. Le lendemain les critiques se déchaînèrent, Varèse s'y vit promis à la «chaise électrique»!
L'œuvre est composée de quatre sections instrumentales de différentes longueurs, et d'interventions de la bande magnétique qui s'intercalent par trois fois au milieu du développement orchestral; il n'y a donc pas mélange des deux sources sonores mais interpolation. La première interpolation fait appel à des «sons pris au cours de recherches sur des bruits d'usines»; la seconde est l'enregistrement de cinq musiciens jouant de divers instruments de batterie ; la troisième interpolation présente un mixage des deux procédés, rassemblant sons réels et sons instrumentaux en vue d'une «structure double». Par-delà les grands accords figés des cuivres et les bruits de la bande, c'est le vide qui est l'élément primordial de cette partition. A la mesure ultime le compositeur indique: «battre le silence». (© avec l'aimable autorisation du Festival Archipel)

 

Concert SMC Lausanne: