Requiem Po Drugu op. 26

pour soprano et piano
1982/1987, György Kurtág

Dans la musique de Kurtág, le rapport à la langue est fondamental: sa musique est déclamation, confidence, discours chargé de sens, balbutiement, conquête infinie du mot et de l’expression juste. Lorsqu’il fit la découverte des poèmes de Rimma Dalos, poétesse russe installée en Hongrie, il s’en empara fiévreusement et se mit à composer, secrètement, ce qui devait devenir l'une de ses œuvres les plus célèbres: Messages de feu demoiselle R. V. Troussova: c’est le journal de rapports amoureux où le désir, la cruauté et le désespoir sont intimement tissés ensemble. Les Scènes d’un roman, puis le bref Requiem pour un ami, tous deux sur des textes de Rimma Dalos, forment avec cette œuvre une trilogie autour du même sujet. Il est troublant que la dernière, le Requiem, composée entre 1986 et 1987, ne laisse plus subsister qu'une voix et un piano, et se termine sur un abandon de la lutte, le sujet restant  marqué, comme au fer, par cette contradiction: «Ça ne sert à rien d’être triste. Ça ne sert à rien d’espérer». Dans cette œuvre poignante, où l'écriture vocale est constamment lyrique, Kurtág va au cœur de l'émotion en quatre moments musicaux brefs et intenses. (Philippe Albèra)

Concert SMC Lausanne: