The 1987 Max Headroom Broadcast incident

pour quatuor et électronique
2017, Mauro Lanza

Fausto Romitelli meurt, en 2004, des suites d’une longue maladie. Dédié à sa mémoire, The 1987 Max Headroom Broadcast Incident de Mauro Lanza fut créé au Centre Pompidou en juin 2017 à l’occasion du festival ManiFest. En exergue de la pièce il racontait ceci : « Au soir du 22 novembre 1987, à Chicago, Illinois (États-Unis), eut lieu ce qui demeure sans doute l’un des plus fameux et certainement l’un des plus longs piratages des ondes hertziennes : l’incident « Max Headroom ». Des pirates des ondes, dont l’identité n’a jamais pu être déterminée, sont parvenus à interrompre la diffusion des programmes d’une chaîne publique pour diffuser leur propre contenu. Ce contenu pirate, d’une durée interminable de 90 secondes, présentait un individu déguisé en Max Headroom (le personnage généré par ordinateur de la série télé éponyme : une série de science-fiction assez populaire dans les années 1980, qui se passe dans un futur dystopique proche dominé par la télévision et les multinationales). Aux alentours de 23h15, un épisode de la série télé Doctor Who fut brutalement interrompu par une image parasitée, suivie immédiatement par l’apparition d’un homme non identifié, portant un masque de Max Headroom et des lunettes de soleil. L’homme se mit alors à marmonner, crier et rire, énonçant diverses phrases sans queue ni tête (le son était très distordu et bruité), parmi lesquelles un slogan de 1986 pour le « New Coke », « Catch the Wave » (Attrape la vague), tout en brandissant vers l’objectif une canette de Pepsi (Max Headroom faisait alors la publicité de Coca-Cola). Jetant la canette, il tendit ensuite à la caméra un doigt d’honneur, prolongé par une extension de plastique, chanta un extrait de I’m losing you (un succès du label Motown de 1966, enregistré par le groupe The Temptations), fredonna la mélodie de Clutch Cargo (une série télé d’animation rudimentaire des années 1960), gémit douloureusement en se plaignant de ses hémorroïdes, péta, mit et enleva un gant géant (similaire à celui que portait Michael Jackson à l’époque). Il exhiba alors en partie ses fesses, hurlant « Ils sont à mes trousses ! », tandis qu’une complice, elle aussi non identifiée, portant une livrée de femme de chambre, le fessait avec une tapette à mouches. Le signal vira alors au noir pendant quelques secondes avant que ne reprenne le cours de l’épisode de Doctor Who.
The 1987 Max Headroom Broadcast Incident est une pièce pour quatuor à cordes augmenté par des transducteurs et diverses préparations. Les traitements numériques des instruments s’inspirent en grande partie des techniques de modulation qui étaient – et sont encore – d’un usage courant pour la diffusion de la radio et de la télévision. Hommage à des technologies aujourd’hui obsolètes, ou qui le seront très bientôt, en même temps qu’à cette vision d’un futur sombre, dominée par les médias de masse, qu’esquissait la série Max Headroom suivant la culture cyberpunk des années 1980. »

Concert SMC Lausanne: