1756

pour violon
2005, Viktor Suslin

Dédié à Nurit Stark.

Mozart est pour moi, malgré son apparente clarté et sa célébrité universelle, une des figures les plus mystérieuses de l’histoire de la musique. Il a créé la musique la plus parfaitement tonale de son temps ; plus qu’aucun autre de ses contemporains, Mozart a pourtant eu conscience des limites de la tonalité. L’abîme qui se trouve de l’autre côté de ces limites semble l’avoir fortement attiré. On peut en trouver des exemples dans l’introduction du premier mouvement du Quatuor en do majeur KV 465 « Les dissonances » ou dans la fameuse transition enharmonique qui lie le « Confutatis maledictis » au « Lacrimosa » du Requiem. Je n’ai certes pas osé citer dans ma composition une de ses mélodies, mais j’utilise le matériel musical de l’introduction de ce Quatuor KV 465 pour construire un série dodécaphonique qui constitue le fondement de « 1756 ». Durant le travail de composition, j’ai été surpris de constater qu’une permutation de cette série (les sons 1,3,5,7,9,11,et 2,4,6,8,10) produit une suite d’accords ressemblant étroitement à l’harmonie de la transition du Requiem mentionnée plus haut. Ainsi, il m’a semblé légitime de citer ce passage du Requiem, sans rompre la logique de ma composition. (Viktor Suslin)

Concert SMC Lausanne: