Burning

pour clarinette, violon, violoncelle et piano
2007, Edith Canat de Chizy

Nous avons avec Françoise Thinat (dédicataire de la pièce) beaucoup réfléchi à cette formation qui correspondait pour moi au désir d'écrire une oeuvre comportant les mêmes instruments que le Quatuor pour la fin du temps d'Olivier Messiaen, clin d'oeil au centenaire de sa naissance célébré la même année. La comparaison s'arrête là. Ma façon éruptive et violente de traiter ces instruments est loin de l'univers généralement extatique du quatuor de Messiaen. C'est une oeuvre de musique de chambre où l'écriture de piano est traitée à importance égale de façon fusionnelle avec les autres timbres.
Burning trouve son origine et son enracinement dans l'univers de William Butler Yeats, poète irlandais mort en 1939, plus particulièrement des vers de son poème Vacillation :

C'est entre des extrêmes
que l'homme va son cours.
Tisons, souffles de feu
Surviennent, qui détruisent
Ces puissances contraires
De la nuit et du jour.


Univers imprégné de la tragédie de la révolution irlandaise : trois thèmes traversent la poésie mystique de Yeats : le feu, le chant, la joie, « the final joy ». Le feu, l'éclair, consume pour une renaissance, le chant est cet espace privilégié d'une connivence entre l'absolu et le monde tel qu'il est, il en est la réconciliation.
« The final joy » s'exprime par la danse, le rythme, qui est l'exaltation de l'instant, le triomphe de la vie. Ainsi s'articulent les trois moments de cette pièce parcourue d'ostinatos, allant de la stridence à la mélodie, de la fulgurance à l'oscillation jusqu'à l'élimination progressive des éléments « pour que toutes choses s'effacent ». (Edith Canat de Chizy)

Concert SMC Lausanne: