Outer Space

2018 - Création suisse, Clara Iannotta

Interprété avec la projection du court-métrage homonyme de Peter Tscherkassky.
 
Lorsqu’il y a du son et de l’image se pose la question de la législation. Quel médium gouverne et à quel moment ? Veut-on faire percevoir cette hiérarchie ou la camoufler ?
Il en va de même du point de vue narratif. Dans Outer Space (1999), film de l’avant-gardiste autrichien Peter Tscherkassky, une femme entre dans une maison comme on entre en soi-même : tout y semble connu mais vu à travers des yeux que l’on ne se connaissait pas. Le point de vue du cinéaste est également présent : la bande cinématographique, traitée comme une matière narrative, apparaît de loin en loin à l’image. Tandis que la femme déambule, les points de montage craquent. Dès lors, l’extérieur s’introduit comme par bourrasque. Bien différent d'un simple hors-champ, c’est le « hors-bande » qui violente cette femme. Tel Barbe-bleu, Peter Tscherkassky entrave la liberté de son héroïne à moins que ce ne soit l’inverse... Seul son regard demeure.
En travaillant sur ce court métrage, Clara Iannotta confie : « ma propre recherche sur les aspects visuels de la musique a été bousculée. Même sans bande-son, ce film offre une expérience sonore à travers le rythme, le bruit et la dynamique du visuel. Composer une musique qui ajoute intelligemment une couche de complexité à cette œuvre qui se suffit à elle-même a été un de mes plus gros défis ces dernières années. Le flux d'informations reçues par l'œil est tellement énorme qu'il ne faut jamais céder à une simple synchronisation audiovisuelle. J'ai donc simplement décidé de lui donner le pouvoir, en intégrant non seulement la musique, mais également les musiciens au film. » (Luc Birraux)
 

Concert SMC Lausanne:

  • Lundi 4 mars 2019 (Saison 2018-2019)
    Ensemble Nikel + lire
    Oeuvres de Iannotta, Kessler, Thurley, Zea et Poppe