Der Seiltänzer

pour violon et piano
1983, Sofia Gubaidulina

Le titre de l’œuvre résulte du double besoin d’échapper à l’oppression de la vie quotidienne et de prendre la fuite, afin de pouvoir s´épanouir dans le mouvement, la danse et la virtuosité extatique. Le funambule est aussi une métaphore de l’opposition « Vie comme risque » et « Art comme possibilité d´échappatoire dans une existence autre ». Dans cette pièce, j’ai essayé de créer un jeu d´oppositions, dans lequel le rythme de danse précis du violon est en conflit avec une partie pianistique riche en événements. La partie violonistique est tout d´abord déformée par des sons produits dans les cordes graves du piano par un verre d´eau, par la transformation progressive de ces sons de flageolet clairs comme du cristal en un fortissimo agressif sur les cordes graves produit au moyen du fond dentelé du verre, puis par le son menaçant que le pianiste obtient en jouant avec des dés en métal, enfin, et ceci est l’événement formel le plus important de la pièce, par le passage du jeu sur les cordes du piano au jeu sur le clavier. Le violoniste surmonte tous ces événements et se livre à une danse extatique qui s’élève dans les registres aigus de l’instrument en des trémolos en doubles flageolets : risque, triomphe, libre cours à la fantaisie, art, danse. « Der Seiltänzer » est une commande de la Elisabeth Sprague Coolidge Foundation de la Library of Congresse. (S. Gubaildulina)

Concert SMC Lausanne: