Improvisation et performance

2018, Shuyue Zhao - HannaH Walter

Ecosse, Angleterre, France, Corse, Sardaigne, Sénégambie, Tanzanie, Australie, Amérique. Partout dans le monde se trouvent d’impressionnants monuments architecturaux: cercles de pierre mégalithiques, menhirs statuaires et tours préhistoriques. Scènes d'événements et de rituels insolites et sacrés d'un autre temps. En tant que sculptures et totems, les gigantesques arrangements de pierres faisaient partie de drames de création oubliés.
Dans la nouvelle de Jorge Luis Borges "Las ruinas circulares", un homme rêve. Rêve d'un autre personnage qui prend progressivement vie, devient réel, acquiert la conscience. Mais le rêveur s'aperçoit qu'il n'est en fait que le produit du rêve d'un autre. Cette histoire récursive a été mise en musique par Tristan Murail dans son duo éponyme pour violon et clarinette. Avec lui, les musiciennes nous immergent dans un monde intermédiaire harmonieux de micro intervalles: un monde spectral harmonique. Le violon rêve, de sa mélodie naît doucement la musique de la clarinette. Les deux instruments s'affrontent, la clarinette triomphe, se prend à son tour à rêver. Et son rêve suscite une nouvelle mélodie du violon...
Nous vivons dans un jeu d'ombres en constante transformation - incompréhensible dans sa forme composée. Cette forme est le point de départ et d'arrivée d'un simulacre de ruines circulaires. Notre rêve dans un rêve, dans un rêve. Comme le fils du rêveur de Borges, nous nous émancipons de la création compositionnelle du créateur (Murail) et commençons à rêver.
Grâce à une extension électronique des instruments, le public assiste à un rituel performatif. Les musiciennes dévoilent l'arcane de l'univers et le mystère des ruines invisibles de notre culture moderne au travers d’une improvisation multimédia.

Concert SMC Lausanne: