Drawing

pour ensemble
2004, Toshio Hosokawa

Au début, il y a le si bémol du violoncelle. Il se propage à travers tout l’ensemble : la première perception de la tranquillité. Tout est calme, mais l’épreuve a déjà commencé. Les cloches tintent. Les premiers glissandi annoncent un mouvement. Le but est encore inconscient. L’auditeur se sent enveloppé tel un fœtus en quête de libération, de respiration.
« J’ai rêvé – dit le compositeur – que j’étais encore dans le ventre de ma mère. Au début régnait une paix absolue – c’était l’unité avec le corps maternel. Ensuite, les bruits de son cœur ont résonné avec dureté et j’ai senti la pression d’un processus en train de se faire : la naissance. Naître : voilà bien quelque chose de difficile, une histoire qui peut tout aussi bien aboutir à la vie qu’à la mort ! Dans ce rêve bien réel, j’ai ressenti une foule de sentiments primitifs : l’angoisse, la pression, la peur, le désir et, enfin, la joie de naître. J’ai voulu les exprimer musicalement, en « dessiner » les grandes lignes, d’où le titre. »
La musique de Toshio Hosokawa est, sinon narrative, indéniablement métaphorique. Bien qu’issue de l’avant-garde allemande de l’après-guerre, son esthétique est également profondément imprégnée par les arts japonais traditionnels. Pour Hosokawa, chaque son est un geste du pinceau, une « calligraphie sonore ».  

Concert SMC Lausanne: