Mosaic

pour flûte, hautbois, clarinette, harpe, trio à cordes et contrebasse
2004, Elliott Carter

Dédié à la mémoire de Carlos Salzedo, qui révolutionna l’écriture de la harpe, cette oeuvre commandée par le Nash Ensemble pour sa quarantième saison donne à la harpe un rôle prédominant. Elle est entourée de trois vents (flûte/piccolo/flûte alto, hautbois/ cor anglais, clarinette/clarinette basse) et de quatre cordes (violon, alto, violoncelle et contrebasse). Comme son titre l’indique, la pièce est faite de moments différenciés, unifiés toutefois par un répertoire de gestes et de types d’écriture bien définis. Des phrases au souffle long s’opposent à des passages plus nerveux et plus violents et à des trames harmoniques lentes qui restent parfois à l’arrière-plan. Une section est entièrement dévolue aux trois vents dans une écriture vive et un registre resserré, selon la technique propre à l’ancienne polyphonie des relations de temps différentes (ici, division du temps en triolets de croches, doubles croches et quintolets de doubles croches) qui est un trait de l’écriture cartérienne. Un tel moment volubile est suivi d’un passage lent aux cordes, puis d’un finale frénétique, marcatissimo, où tout l’ensemble est convoqué, mais au sein duquel la harpe fait contraste dans une oscillation lente et douce entre deux notes statiques. C’est l’un des nombreux exemples de cette multiplicité des temps propre à la musique de Carter. Par ailleurs, dans cette oeuvre comme dans toutes celles de sa dernière période, l’écriture est d’une grande transparence, réduite à l’essentiel. (Philippe Albèra)

Concert SMC Lausanne: