Con Leggerezza Pensosa - Omaggio a Italo Calvino

pour clarinette, violon et violoncelle
1990, Elliott Carter

« Raffaele Pozzi m’avait commandé une pièce pour une conférence qui devait se tenir sur Italo Calvino. Ce dernier avait écrit une série de conférences pour l’Université de Harvard, mais il est mort avant de pouvoir les donner. Chaque conférence portait sur une qualité d’écriture et l’une d’entre elles traitait de la légèreté. Il disait qu’il y avait deux sortes de légèretés : la légèreté d’humeur qui est ennuyeuse, et la légèreté du sérieux, sur laquelle j’ai bâti ma pièce. J’ai utilisé ces trois instruments parce que je pensais qu’ils convenaient au caractère de cette musique. L’idée consistait à écrire de nombreux petits fragments se suivant comme s’ils étaient traversés par une longue ligne. En d’autres termes, comment faire pour que les choses qui ne tiennent pas ensemble tiennent ensemble. » (Carter). Dans un ton qui se rapproche par certains côtés du Canon for 4, Carter parvient à créer une ampleur et une variété sonores avec ses trois instruments qui est proprement stupéfiante. Elle est due autant aux relations harmoniques proprement dites qu’à l’individualisation de chacune des voix, avec leur indépendance métrique et de caractère. Les envolées lyriques sont contrebalancées par des gestes plus abrupts, des sons plus durs, formant une sorte de contrepoint supérieur. (Philippe Albèra)

Concert SMC Lausanne: