Sorôn-Ngô

pour deux pianos
1969-1970, Maurice Ohana

«On trouve la terminaison «ngô» dans un certain nombre de mots désignant des danses d'origine africaine, parfois aussi dans les noms d'instruments accompagnant ces danses. Tels sont, dans l'art populaire andalou, le Tango, le Zorongo, le Fandango, de même que le Bongo, instrument souvent utilisé dans notre percussion. Ce vocable «ngô» semble, en outre, caractériser des danses incantatoires venues d'anciennes cérémonies tribales». (Maurice Ohana).
Ces deux sources d’inspiration font appel aux résonances du piano, et mettent en jeu une gamme de timbres allant des masses sonores indistinctes, qui peuvent évoquer les battements sourds du tambour, aux cordes percutées directement et aux sonorités évoquant la percussion d'orchestre. Violente, colorée, démoniaque, cette partition établit entre les deux pianos un jeu mobile de contrepoints, de répliques, de complémentarité ou de simultanéité, laissant parfois une relative liberté aux exécutants, dans l'esprit de l'improvisation contrôlée dont usent les musiques traditionnelles auxquelles l'ouvrage se réfère. L'écriture «horizontale» trouve ici son plein épanouissement. (Christine Prost)

Concert SMC Lausanne: