Sonate à huit

pour huit violoncelles
1998, Betsy Jolas

Le titre semble parler d’une autre époque, celle du baroque, d'une musique instrumentale directement liée à la vieille polyphonie vocale qu'elle était alors en train de supplanter. Huit violoncelles, comme huit tisseuses affairées, déploient une musique lancinante, tressée autour de notes-pivots interprétées tantôt dans le sens d'une incantation (les voix tournent autour d'un point central), tantôt comme présence harmonique leur donnant une signification nouvelle, une sorte d'aura. Betsy Jolas maintient le discours à son point d'incandescence par l'insistance de phrases au lyrisme tendu, qui ne veulent pas aboutir, et qui nous conduisent à une fin élidée, comme une vibration qui, vous ayant porté dans sa tension propre, vous abandonne d'un coup. Les huit violoncelles forment un seul corps sonore, une sorte de chœur. La pièce, écrite en 1998, fut créée la même année lors des Rencontres d'ensembles de violoncelles à Beauvais. (Philippe Albèra)

Concert SMC Lausanne: