In Balance

pour harpe
1987, Isang Yun

L’équilibre, que le titre indique, s’établit entre les gestes suivants : des sons presque immatériels en flageolets et des sons plus graves, parfois en grappes de forte densité. Entre les deux, les reliant, des arabesques montantes ou descendantes. Il est possible que le compositeur ait voulu associer ces trois gestes à trois « régions » de la cosmogonie orientale : l’humain, symbolisé par les arabesques, fait le trait d’union entre le ciel (flageolets) et la terre (sons graves) ; il est le garant et l’incarnation de cet équilibre. Pour lointains qu’ils se situent dans l’espace, ce « figuralisme » et cette cosmogonie ne sont pas étrangers à l’auditeur occidental. L’auditeur entendra le calme mouvement de balancier qui rythme la pièce et qui vient du balayage incessant des arabesques. S’établissant dans un système harmonieux où les dissonances sont évitées ce geste de flux et de reflux empêche la construction de tensions qu’on retrouve souvent dans la musique occidentale.

Concert SMC Lausanne: