Stanza I

pour piano, harpe, guitare, vibraphone, soprano
1969, Toru Takemitsu

Cette oeuvre qui date de 1969 est tout à fait représentative de la manière qu'on pourrait appeler "post-sérielle" de Takemitsu. Elle montre une écriture d'une grande complexité rythmique et utilise une dynamique extrêmement contrastée (presque chaque note est indiquée avec une nuance différente !).
L'effectif requis rassemble exclusivement des instruments à résonance (guitare, harpe, vibraphone, piano et célesta), ce qui explique les nombreux moments "suspensifs" qui jalonnent la pièce. La voix de soprano, qui n'intervient qu'à la fin de l'oeuvre, tantôt parlée, tantôt chantée, parfois entre les deux (utilisant la technique du Sprechgesang inaugurée par Schönberg), énonce un texte fragmenté de Ludwig von Wittgenstein, en allemand et en anglais. De plus, la voix soliste est comme annoncée puis commentée par des interventions vocales insolites des instrumentistes.

Nicht wie die Welt ist sondern dass sie ist.
How things are in the world is a matter of complete indifference of what
is higher. God does not reveal himself in the world. According to... What.
(L. von Wittgenstein)

Concert SMC Lausanne: