Balancen for violin

2006, Isabel Mundry

L’oeuvre se présente en deux parties. L’écriture exploite les différents modes de jeu sans jamais verser dans les effets : les transformations du timbre font intégralement partie de l’expression. Dès le début, les unissons avec une corde à vide ou une altération d’un quart de ton donnent la mesure de cette définition du son comme un élément complexe, multidirectionnel. Le motif initial, qui revient transposé, déclenche un discours d’une grande unicité, selon le principe d’un développement organique. Il est fondé sur des phrases complémentaires, avec des points de fixation : l’interprète doit jouer avec un certain sens du rubato, les traits rapides n’étant jamais des éléments techniques mais des éléments constitutifs des phrases elles-mêmes. Le temps est ainsi constamment modulé par les différentes vitesses de jeu. La deuxième partie de l’oeuvre, plus courte, apparaît comme un commentaire de la première, les mêmes éléments étant présentés autrement, en une sorte d’écho. L’écriture est essentiellement lyrique, le temps est lisse. C’est un monologue. Les lignes mélodiques, par la distance entre les intervalles et la répétition de certains sons de référence, laissent apparaître des harmonies sous-jacentes. (Philippe Albèra)

Concert SMC Lausanne: