Cage Sonnante (Laufkäfig)

pour soprano et harpe
1997, Jürg Wyttenbach

Cette œuvre est le fruit de la fascination que ne cesse d’exercer en occident le haïku (poème japonais). Sa structure stricte en strophe (17 syllabes réparties en trois groupes de mots (5-7-5) fournit un cadre formel que Wyttenbach décrit en ces mots : « Cette structure est précise, elle décrit un état du Moi, elle est concrète et sensible… Le réalisme crasse d’Issa m’a particulièrement enthousiasmé. Issa (1763-1827), qui fut avec Bashô et Buson, un des trois plus grands poètes japonais, fut un contemporain de Beethoven et de Goya. La poésie d’Issa est imprégnée d’une grande humanité, d’une compassion pour toutes les créatures, d’un humour libérateur souvent incisif et d’une grande énergie et joie de vivre, à l’image de l’œuvre des deux européens. Le haïku est issu d’une sorte de jeu de société, le renga : quelqu’un propose un vers, le suivant le poursuit ou le conclut. Cette forme dialoguée joue un rôle important dans ma mise en musique des poèmes : la harpiste est ainsi tenue de parler et chanter, et de petits gestes théâtraux viennent soutenir l’action musicale. A l’exception de l’avant-dernier lied, j’ai renoncé à toute coloration exotique ». Les 17 lieder de l’œuvre sont organisés selon  « un cycle des saisons ». (Jürg Wyttenbach)

Concert SMC Lausanne: