Canti d'Ungaretti op. 4

pour contralto et 9 instruments
1983, William Blank

L'oeuvre emprunte à Giuseppe Ungaretti huit poèmes tirés de La Vie d'un Homme appartenant à deux cycles et deux époques distinctes : de l'Allégresse  (1914-1919) et de La Douleur (1937-1946). Les textes qui composent l'Allégresse se caractérisent par l'emploi d'un langage évocateur, nu, rude, d'une extrême concision mais porteurs d'une magistrale force expressive ou d'une lumineuse sensation de paix, de calme, d'infini. Cet amour de la petite forme, du dépouillement extrême, n'est pas sans rappeler l'esthétique webernienne, ce style aphoristique dans lequel révolte, attente, désespoir, rêve ou absolu sont à peine évoqués, que déjà, le silence les engloutit comme si la vie était vouée au passage d'un monde à l'autre, d'un abîme à l'autre. A ce lyrisme profond de la première époque se substitue à partir des années 1937/38 un langage plus directement dramatique où les doutes fondamentaux qui habitent désormais Ungaretti (sur le sens de la vie, de l'art) trouvent un affrontement à la notion de mort. La transposition sonore  de l'esprit de ces textes, requiert du langage musical des capacités variées d'éclairage qui peuvent rendre compte à la fois de leur côté tragique et de leur côté poétique. J'ai donc opté pour une sorte  d'orchestre réduit, à même  de produire  une  couleur intimiste, celle de la musique de chambre, autant que d'exprimer un sentiment plus "symphonique", rejoignant en cela la manière si novatrice de  Dallapiccola. (William Blank)

Concert SMC Lausanne: