La Fauvette des jardins

pour piano
1956-1958, Olivier Messiaen

La Fauvette des jardins, inspirée par le paysage lacustre qui abrite les étés paisibles et laborieux du compositeur depuis tant d’années, semble vouloir résumer en un chef d’œuvre unique tout l’acquis de son œuvre pianistique. Cette synthèse suprême doit en principe constituer le pivot central d’un futur Deuxième Catalogue d’Oiseaux dont le matériau est prêt depuis longtemps. Jamais auparavant le compositeur – qui la considère d’ailleurs comme sa meilleure œuvre pianistique – n’avait suggéré avec autant de force une vision cosmique de l’éternité. De plus, l’immense courbe de l’œuvre est soulevée par un souffle unitaire que les précédentes pièces du Catalogue d’Oiseaux ne possédaient pas au même degré. Les richesses harmoniques, colorées et rythmiques du compositeur se trouvent ici réunies à leur apogée. Et comme dans toutes ses œuvres récentes depuis la Transfiguration, les accords parfaits majeurs y éclatent parfois dans toute leur pureté, sans l’adjonction d’aucune note étrangère – ceci dans les phrases représentant le lac aux différentes heures, thème apparaissant six fois au total, et chaque fois dans des tons et des modes différents, correspondant aux variations de couleurs et d’éclairage. Parmi les oiseaux, celui qui donne son titre à l’œuvre se taille la part du lion. Ses neufs grands soli proviennent de centaines de pages de notations, échelonnées sur plusieurs années successives, toujours durant la même saison.

Liste de tous les oiseaux qui chantent dans cette œuvre (par ordre alphabétique) :
Alouette des champs – Bruant jaune – Caille – Chardonneret – Chouette Hulotte – Corneille noire – Fauvette à tête noire – Fauvette des jardins – Hirondelle de cheminée – Loriot – Merle noir – Milan noir – Pic vert – Pic-grièche écorcheur – Pinson – Rossignol – Rousserole Turdoïde – Troglodyte.

Concert SMC Lausanne: