Paraphrase de Poissons d’or

2005, Frédéric Verrières

Debussy utilise un matériau qui se révèle concis et puissant bien que minimal. Poissons d’or en est un exemple parfait. Toute l’œuvre est contenue dans les trois premières mesures : le tremolo et l’incise thématique construite à la fois sur un intervalle de seconde (horizontalement) et de tierce (verticalement), ainsi que sur la vivacité du rythme brève/longue, comme le miroitement d’une écaille d’or qui scintille fugitivement sous l’eau. Il n’y aura, me semble-t-il, aucun autre élément étranger par la suite.
Dans la partie en mi bémol majeur, le tremolo initial se trouve libéré en s’animant dans  l’espace sous la forme d’arpège fusé. C’est encore plus évident dans le récitatif de la partie suivante, il devient charmeur et fantasque et se déploie sur une large tessiture.
Juste avant une réexposition très raffinée, la seconde thématique du début anime le grave du piano dans un remous presque fracassant, et devient à son tour « accompagnement » en tremolo. Leur mouvement de fuite imprime dans l’onde des tierces et des secondes « résultantes ». L’oeuvre s’achève par une cadence marquée par un geste de rotation, un tourbillon qui accumule comme une force centrifuge toute la musique de la pièce. (Frédéric Verrières)

Concert SMC Lausanne:

  • Lundi 23 mars 2009 (Saison 2008-2009)
    Dana Ciocarlie + lire
    Oeuvres de Thierry Escaich, Laurent Mettraux, Frédéric Verrières, Helena Winkelmann, Franck Krawczyk et Karol Beffa