Dérive I

pour flûte solo, clarinette, piano, vibraphone, violon et violoncelle
1984, Pierre Boulez

Composée pour William Glock à l’occasion de son départ du festival de Bath (Glock avait engagé Boulez à la tête de l’Orchestre de la BBC), cette oeuvre utilise la formation du Pierrot lunaire de Schoenberg (flûte, clarinette, violon, violoncelle et piano) à laquelle s’ajoute un vibraphone. Elle utilise des idées laissées de côté lors de la composition de Répons. Boulez y reprend la série de notes tirées du nom de Sacher, le grand mécène bâlois, qui avait servi pour la pièce que Boulez lui avait dédiée à l’occasion de son soixante-dixième anniversaire, Messagesquisses; cette série est la suivante : mib la-do-si-mi-ré. Elle génère six accords qui sont permutés tout au long du morceau. La première moitié de la pièce comporte des accords en arpèges qui changent progressivement et la texture est de plus en plus dense, avec trilles et arabesques; la seconde partie est plus linéaire, fondée sur une métrique régulière mais perturbée par les petites notes, avec quelques références au style mélodique stravinskien. Dans les deux parties, la résonance joue un rôle essentiel; le piano tient d’ailleurs tout au long du morceau les notes de l’octave la plus grave, produisant un halo d’harmoniques changeantes. (Philippe Albèra)

Concert SMC Lausanne: