Quatuor pour la fin du temps

1940, Olivier Messiaen

Liturgie de cristal
Vocalise, pour l’Ange qui annonce la fin du temps
Abîmes des oiseaux
Intermède
Louange à l’éternité de Jésus
Danse de la fureur pour les sept trompettes
Fouillis d’arcs-en-ciel, pour l’Ange qui annonce la fin du temps
Louange à l’immortalité de Jésus

C'est lors de sa captivité au Stalag de Görlitz, que Messiaen compose son Quatuor pour la fin du temps, en hommage à l’Ange de l‘Apocalypse, qui lève la main vers le ciel en disant : « Il n’y aura plus de temps ». Nombres premiers, palindromes rythmiques, citations du plain-chant, sont autant de symboliques religieuses tout au long de l’oeuvre. Par ailleurs, la faim et le froid polonais donnent au compositeur des hallucinations colorées, qu’il traduit par des complexes de sons. La couleur occupe donc une place importante de la partie de piano, illustrant les arcs-en-ciel, le feu et les nuées de l’ange. Enfin, Messiaen travaille la symbolique du temps par le rythme, tentant d’en suspendre notre conscience par des tempi infiniment lents et extatiques, des rythmes irréguliers et furieux, des ostinatos rythmiques et harmoniques, et l’emploi de ses modes à transpositions limitées, constituant une ligne d’horizon immuable. En opposition au temps, les oiseaux ponctuent les huit mouvements de l’oeuvre par touches d’insouciance, satisfaisant notre désir de lumière, d’étoiles, d’arcs-en-ciel et de jubilantes vocalises…

Concert SMC Lausanne: